Anne, factrice à vélo à Dieppe : entre liberté et insécurité

Synonyme de liberté. Anne se souvient de déambuler sur son vélo à 15 ans et se sentir libre. Ce sentiment que chaque cycliste ressent, elle le retrouve tous les jours dans son travail à La Poste. Et cela fait maintenant 27 ans que cela dure. 

La travailleuse commence sa carrière de factrice dans la Capitale. Arrivée dans la ville aux Quatre-Ports en 2003, la cinquantenaire s’émerveille de « l’espace et de vivre en bord de plage ». Elle découvre les tournées de campagne en voiture, alors rattachée au petit bureau de Longueville. Ce n’est qu’à partir de 2010 qu’elle commence ses rondes en vélo à Neuville. Elle se souvient de ne pas avoir eu peur des voitures ou bus en redescendant l’Avenue de la République et d’ajouter : « C’est pas pire que l’Avenue Gambetta ».

Zones dangereuses à Dieppe

Car une chose est sûre, Anne connaît très bien les zones dangereuses pour les cyclistes à Dieppe. Ce sont d’ailleurs les mêmes identifiées par le baromètre de DAV. « Boulevard De Gaulle, Avenue Gambetta, Avenue Normandie Sussex et la Place des Martyrs ». « Les gens ne s’arrêtent pas sur les passages piétons Avenue Normandie Sussex, ils grillent même les feux rouges là où il y a la piste cyclable qui relie la gare au port. Aussi, on se fait engueuler quand on prend les sens interdits dans le Centre-Ville alors que c’est autorisé » explique la femme de 52 ans.

Fauchée Place des Martyrs

Mais c’est surtout son accident survenu Place des Martyrs qui lui revient sans cesse. Fauchée au feu par une automobile qui change de voie sans prévenir et en traversant la ligne blanche, sa tête frappe le sol 3 fois de suite. « Sans casque, je ne serais plus là » avoue-t-elle. Mais elle n’en sort pas indemne pour autant. Traumatisme à la hanche, déplacement du bassin, coude et pied abîmés. Résultat : 2 mois d’arrêt. Anne remonte sur un vélo, non sans appréhension. La factrice est obligée de s’adapter, d’être plus alerte. La Poste leur fournit par ailleurs des blousons fluo plus visibles et organisent des briefings afin de mieux sensibiliser sur les risques.

Signalétique et communication

A la question, comment améliorer davantage la sécurité des cyclistes à Dieppe, la postière ne manque pas d’idées : « Il faut refaire la signalétique destinée aux vélos et organiser de la communication sur le savoir rouler ensemble ». Et pourquoi pas des vélos électriques en libre-service, « cela forcerait à développer des infrastructures » ajoute la professionnelle. 

En attendant, elle n’hésite pas à interpeller les cyclistes et trottinettes arrêtés aux feux pour leur enjoindre de porter des casques. Et surtout elle garde un optimisme à toutes épreuves : « Je ne quitterai jamais le vélo, même à Dieppe sous une pluie battante ». Et de prédire un avenir meilleur quant au partage de la route. « Je vois un apaisement depuis l’apparition des trottinettes. Les gens sont obligés de faire attention. Ils doivent être aussi plus vigilants vis-à-vis des vélos ».